Les taux de cotisation de l’Ircantec augmenteront en deux étapes, en janvier 2028 puis en janvier 2029. Le décret du 5 octobre 2026, publié au Journal officiel le 6 octobre, fixe ce calendrier pour la retraite complémentaire des agents non titulaires du secteur public. Mais ses pourcentages ne correspondent pas directement à ceux prélevés sur une fiche de paie : le régime distingue les taux théoriques et les taux d’appel.
Deux hausses inscrites dans le décret
Le texte s’applique aux périodes d’emploi à compter du 1er janvier 2027. Il maintient d’abord les taux existants, avant les relèvements de 2028 et 2029. Les nouvelles valeurs concernent la part de l’agent comme celle de l’employeur.
| Taux théoriques | Avant les hausses | En 2028 | À partir de 2029 | | — | — | — | — | | Tranche A, agent | 2,24 % | 2,30 % | 2,36 % | | Tranche A, employeur | 3,36 % | 3,45 % | 3,54 % | | Tranche B, agent | 5,56 % | 5,86 % | 6,16 % | | Tranche B, employeur | 10,04 % | 10,09 % | 10,14 % |
La tranche A porte sur la rémunération jusqu’au plafond de la Sécurité sociale. La tranche B concerne la fraction qui le dépasse, dans la limite de huit fois ce plafond. Au-delà, la rémunération ne supporte aucune cotisation Ircantec et n’ouvre aucun droit à cette retraite complémentaire. Chaque taux s’applique donc à sa tranche, et non à la totalité du salaire.
Les taux théoriques servent à calculer les points
Pour comprendre le tableau, il faut séparer deux opérations. Les taux théoriques servent au calcul des points de retraite. Les taux d’appel servent, eux, à déterminer les cotisations effectivement dues par l’agent et son employeur.
Depuis le 1er janvier 2026, le taux d’appel est porté à 127 %. Il s’agit du coefficient appliqué aux taux théoriques, pas d’un prélèvement de 127 % du salaire. Cette différence explique pourquoi un agent peut lire une valeur sur sa paie supérieure à celle figurant dans le décret.
L’Ircantec affiche ainsi, pour 2026, une part agent de 2,84 % en tranche A et de 7,06 % en tranche B. Les parts employeur correspondantes sont de 4,27 % et de 12,75 %. Ces taux appelés décrivent les cotisations de 2026 ; les colonnes 2028 et 2029 du tableau présentent les taux théoriques futurs.
Les professeurs des universités-praticiens hospitaliers (PU-PH) et les maîtres de conférences des universités-praticiens hospitaliers (MCU-PH) constituent un cas particulier. En 2026, ils cotisent à des taux spécifiques, sur l’ensemble de leur rémunération assujettie, sans distinction entre tranches A et B. Les taux appelés de 2,84 % et de 7,06 % ne leur sont donc pas applicables.
Ce que la fiche de paie permet de vérifier
L’employeur prélève la part salariale chaque mois et la reverse à l’Ircantec avec sa propre contribution. L’assiette est la rémunération brute soumise à cotisation, répartie entre les tranches.
Pour lire une retenue, il faut donc connaître l’assiette, le plafond applicable et le taux appelé de l’année concernée. Les seuls pourcentages du décret ne permettent pas d’annoncer un montant net supplémentaire identique pour tous les contractuels. La hausse prévue ne commence pas dès octobre 2026 : ses deux étapes sont fixées à janvier 2028 et janvier 2029.
