La prime d’activité va grimper de 50€ par mois : qui est concerné ?

Sébastien Lecornu a dévoilé vendredi 16 janvier un ensemble de dispositions destinées à compléter le projet de loi de finances pour 2026. L’objectif affiché : éviter un nouveau revers parlementaire. Parmi les annonces phares figure une revalorisation substantielle de la prime d’activité destinée aux salariés modestes.

Une enveloppe de 600€ annuels pour les petits salaires

La mesure cible les foyers dont les revenus se situent dans une fourchette précise : entre un et 1,4 Smic. Concrètement, cela correspond à des rémunérations brutes comprises entre 1 823 € et 2 552 € mensuels. Ces ménages, estimés à plus de trois millions, verront leur allocation progresser d’environ 50 € chaque mois. Le coût annuel de cette disposition atteindrait deux milliards d’euros selon les estimations gouvernementales transmises à l’AFP.

Cette annonce marque un revirement notable par rapport aux intentions initiales du gouvernement. Le texte budgétaire présenté en octobre prévoyait justement l’inverse : un resserrement de l’aide vers les revenus les plus faibles. La documentation parlementaire fait état d’un ajustement prévu du coefficient de calcul, qui devait diminuer de 1,6 point sur l’année. Cette modification aurait fait suite à une première réduction déjà appliquée au printemps dernier, passant de 61 % à 59,85 %.

Un recul assumé après une stratégie d’économies abandonnée

Le mode de calcul actuel de cette prestation sociale repose sur plusieurs paramètres : un montant de base fixé à 633,21 € pour une personne isolée, auquel s’ajoutent près de 60 % des ressources professionnelles du foyer, complétés par des bonifications individuelles lorsque les revenus dépassent 700,92 € mensuels. L’ensemble est ensuite diminué des autres ressources du ménage.

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Les projections budgétaires tablaient sur une diminution significative des dépenses liées à cette allocation. Les chiffres prévisionnels mentionnaient un passage de 10,2 milliards à 9,3 milliards d’euros en 2026, représentant une contraction de près de 9 %. Cette économie devait résulter de plusieurs ajustements techniques, notamment concernant le traitement de l’allocation aux adultes handicapés dans les calculs.

Le chef du gouvernement a reconnu publiquement s’être trompé dans cette approche. Son intervention de vingt minutes devant Matignon a été l’occasion de promettre non seulement l’abandon de cette trajectoire d’économies, mais également une refonte plus ambitieuse du dispositif. L’argument avancé reste celui de la nécessité de rendre l’activité professionnelle plus attractive financièrement. Cette volte-face budgétaire intervient dans un contexte politique tendu où chaque arbitrage fait l’objet d’âpres négociations parlementaires.

La redistribution vers les travailleurs à revenus modestes s’inscrit dans une stratégie plus large de préservation du pouvoir d’achat. D’autres pays européens observent des dynamiques similaires, où les gouvernements tentent de trouver un équilibre entre rigueur budgétaire et soutien aux catégories les plus vulnérables à l’inflation. Les mois à venir diront si cette approche permettra d’obtenir le soutien nécessaire au Parlement pour faire passer le budget sans encombre.