Le barème fiscal français connaît un ajustement de 0,9% pour 2026, après de longues tractations parlementaires. Cette légère hausse des seuils modifie les limites au-delà desquelles les contribuables devront s’acquitter de l’impôt sur le revenu lors de leur déclaration portant sur les gains de 2025.
Le contexte budgétaire tendu avait initialement poussé l’exécutif à envisager un gel total des tranches d’imposition, une mesure qui aurait rapporté environ 2 milliards d’euros aux caisses de l’État. Devant les critiques, le gouvernement a finalement accepté cette revalorisation de 0,9%, permettant à près de 200 000 ménages d’échapper à l’impôt alors qu’ils y auraient été assujettis sans cet ajustement.
Les plafonds de revenus selon votre situation familiale
Pour une personne seule sans enfant, le revenu annuel net imposable devra rester sous la barre des 17 594 euros, ce qui équivaut à environ 1 629 euros mensuels. Un parent isolé avec un enfant à charge peut gagner jusqu’à 23 391 euros par an, soit approximativement 2 165 euros chaque mois, sans devoir verser le moindre centime au fisc.
Les couples sans enfant, tout comme les parents seuls élevant deux enfants, bénéficient d’un seuil fixé à 32 866 euros annuels, représentant environ 3 043 euros mensuels. Pour un couple avec un enfant, la limite grimpe à 38 660 euros sur l’année, tandis qu’un couple avec deux enfants peut atteindre 44 458 euros de revenus nets imposables, soit près de 4 116 euros par mois, sans basculer dans l’imposition.
Une particularité administrative mérite attention : lorsque le montant calculé de l’impôt reste inférieur à 61 euros, l’administration fiscale renonce à le recouvrer. Cette règle offre une marge de manœuvre aux ménages dont les revenus dépassent légèrement les seuils théoriques.
Un barème progressif qui continue de s’appliquer par tranches
La structure de l’impôt français repose sur cinq tranches distinctes. Les revenus jusqu’à 11 497 euros demeurent totalement exonérés. Entre 11 498 et 29 315 euros, un taux de 11% s’applique. La troisième tranche, de 29 316 à 83 823 euros, est imposée à 30%. Les revenus compris entre 83 824 et 180 294 euros subissent une taxation de 41%, tandis que tout ce qui dépasse ce dernier montant est soumis au taux maximal de 45%.
Ce système fonctionne de manière progressive : seule la fraction du revenu située dans chaque tranche subit le taux correspondant. Un célibataire percevant 30 000 euros ne paiera rien sur les premiers 11 497 euros, 11% sur la portion suivante jusqu’à 29 315 euros, et uniquement 30% sur les 685 euros restants.
L’ajustement de 0,9% reste nettement inférieur à la revalorisation de 1,8% appliquée l’année précédente et s’avère également plus faible que la hausse du Smic, qui a progressé de 1,18% au 1er janvier 2026. Cette différence crée un léger décalage entre l’évolution des salaires les plus bas et la protection fiscale offerte par la revalorisation du barème.
Cette indexation partielle s’inscrit dans un compromis budgétaire délicat. L’Assemblée nationale avait initialement voté une revalorisation complète de 1,1%, tandis que le Sénat privilégiait un ajustement limité à la première tranche. Le chiffre final de 0,9%, retenu via l’article 49.3, représente une solution médiane qui préserve une partie du pouvoir d’achat des ménages modestes tout en limitant le coût pour les finances publiques. Les contribuables proches des seuils ont intérêt à anticiper leur situation dès maintenant, en utilisant les simulateurs disponibles sur le site officiel des impôts, d’autant que la campagne de déclaration débutera en avril 2026.