Italie : le livret de retraite pour les nouveau-nés reste une piste, pas une mesure acquise

L’Italie n’a pas décidé d’ouvrir un livret de retraite à chaque nouveau-né. Le 9 septembre 2026, la ministre du Travail Marina Calderone a confirmé devant la Chambre des députés que le gouvernement étudiait cette option. Le principe est discuté en vue de la loi de finances 2027, mais son financement, son gestionnaire et ses règles ne sont pas encore arrêtés.

Le projet consisterait à créer dès la naissance une position individuelle de retraite complémentaire, alimentée d’abord par l’État puis, sur une base volontaire, par la famille. L’objectif affiché est de profiter d’un horizon de placement très long. Il ne s’agit ni d’une pension publique déjà promise, ni d’un compte que les familles italiennes peuvent ouvrir aujourd’hui au titre de ce dispositif.

Le gouvernement italien confirme une étude, pas une décision

Marina Calderone a présenté le livret pour les nouveau-nés comme « l’une des options » évaluées par le gouvernement pour renforcer la protection future des jeunes générations. Elle avait déjà indiqué le 26 août que son ministère travaillait sur cette hypothèse avec l’Institut national de la prévoyance sociale italien, l’INPS.

La ministre a aussi nommé l’étape qui manque : un examen avec le ministère de l’Économie afin de définir la construction du dispositif et de vérifier sa soutenabilité. Cette réserve est essentielle. Tant qu’un texte budgétaire n’a pas fixé la dépense et les bénéficiaires, le projet reste une orientation politique.

Plusieurs montants circulent dans la presse italienne. L’un des scénarios évoque un versement public de 50 euros par mois pendant les trois premières années de l’enfant, soit 1 800 euros au total. Ce chiffre n’apparaît toutefois dans aucune règle adoptée. Il ne doit donc pas être lu comme un droit futur, ni comme le montant définitif d’un éventuel dispositif.

Une première proposition avait déjà échoué en 2025

L’idée n’est pas nouvelle. Lors de l’examen du budget 2026, plusieurs sénateurs de la majorité avaient déposé un amendement créant auprès de l’INPS un « Fonds de prévoyance pour les jeunes » destiné aux enfants nés à partir du 1er janvier 2026.

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Ce texte prévoyait l’ouverture d’une position individuelle dans les trois mois suivant la naissance. Un parent ou un proche aurait effectué un premier versement volontaire d’au moins 100 euros, complété par 50 euros versés par l’INPS. À partir de 18 ans, le bénéficiaire aurait pu utiliser les sommes pour ses études, sa formation professionnelle ou la création d’une activité.

Cet amendement n’est pas entré dans la version définitive de la loi de finances 2026. Les conditions qu’il décrivait ne s’appliquent donc pas. Elles permettent seulement de comprendre l’origine du débat actuel. La nouvelle piste évoquée en septembre 2026 pourrait reprendre une partie de ce mécanisme, le modifier profondément ou ne jamais être inscrite dans le budget 2027.

Un compte capitalisé ne garantit pas une pension donnée

Le livret envisagé relève de la retraite complémentaire. Dans ce système, les versements sont inscrits sur un compte individuel puis investis. Le capital disponible dépend des sommes versées, de la durée, des rendements obtenus, des frais et de la fiscalité. Il vient compléter la pension publique ; il ne la remplace pas.

Commencer à la naissance allonge fortement la durée potentielle de placement. C’est l’argument central du gouvernement italien : même un premier apport limité peut rester investi pendant plusieurs décennies et bénéficier de la capitalisation des rendements. Cette durée ne transforme pourtant pas un petit versement initial en pension garantie. Un rendement peut varier, les frais réduisent le capital et les versements familiaux futurs ne sont pas acquis.

Le projet pose aussi une question de finalité. Une épargne bloquée jusqu’à la retraite ne répond pas aux mêmes besoins qu’un capital mobilisable à 18 ans pour les études ou la création d’une entreprise. L’ancien amendement autorisait ces usages précoces. Le gouvernement devra dire si la nouvelle version conserve cette souplesse ou réserve les sommes à la retraite.

Gestion, accès et coût public restent à définir

Avant qu’un tel livret puisse fonctionner, plusieurs choix doivent être écrits dans la loi puis précisés par des textes d’application. Le premier concerne le gestionnaire : l’INPS peut porter le dispositif administratif, mais les sommes doivent encore être placées selon des règles de gestion, de risque et de contrôle déterminées.

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Il faudra aussi fixer les enfants concernés. Une ouverture automatique pour tous les nouveau-nés n’a pas le même coût qu’une aide soumise à une demande, à un plafond de revenus ou à un versement préalable de la famille. Les règles devront préciser qui pourra alimenter le compte, si les versements seront facultatifs, comment ils seront investis et dans quels cas l’argent pourra être retiré avant la retraite.

Le coût budgétaire dépendra directement de ces paramètres. Un versement unique de faible montant, une contribution mensuelle pendant trois ans et un dispositif réservé à certains ménages produisent des dépenses publiques très différentes. C’est pourquoi les chiffres évoqués avant la présentation du budget ne permettent pas encore de calculer le coût réel ni le capital futur d’un enfant.

Ce qu’il faut attendre du budget 2027

La première preuve concrète serait l’inscription du livret dans le projet de loi de finances italien pour 2027, avec une dotation, des bénéficiaires et un calendrier. Le débat parlementaire pourrait ensuite modifier ou supprimer la mesure, comme cela s’est produit lors du budget précédent. Une loi adoptée devrait enfin être suivie des modalités pratiques nécessaires à l’ouverture et à la gestion des comptes.

Au 15 septembre 2026, le fait établi tient donc en une phrase : le gouvernement italien étudie un livret de retraite complémentaire ouvert dès la naissance. Tout le reste — montant versé par l’État, durée des versements, accès aux fonds, gestion et date de lancement — demeure à trancher. Présenter le dispositif comme déjà accordé à chaque bébé italien va plus loin que les décisions prises.