Après une année de fluctuations, les barèmes des crédits immobiliers affichent une stabilité inédite en cette fin 2025. Les établissements bancaires privilégient l’attentisme en décembre, tout en préparant activement leurs stratégies commerciales pour janvier. Cette accalmie temporaire pourrait masquer un redémarrage de la concurrence dès les premiers jours de 2026.
Les données transmises par les courtiers spécialisés confirment cette tendance au statu quo. Sur un prêt standard de 20 ans, les taux oscillent autour de 3,25%, tandis que les emprunteurs au profil irréprochable peuvent négocier des conditions sous la barre des 3%. Cette fourchette reste nettement plus avantageuse qu’en début d’année, mais les mouvements à la baisse observés au printemps et en été semblent désormais révolus.
Les courtiers Meilleurtaux, Cafpi, Pretto et Empruntis publient des barèmes quasi identiques pour décembre : entre 3,11% et 3,30% sur 15 ans, de 3,23% à 3,35% sur 20 ans, et de 3,34% à 3,45% sur 25 ans. Ces chiffres, qui excluent l’assurance emprunteur, traduisent une convergence inhabituelle des politiques tarifaires. Les analyses du groupe BPCE valident cette photographie en estimant le taux moyen national à 3,2% toutes durées confondues d’ici la fin décembre.
Une stratégie bancaire dictée par le calendrier
Cette pause tarifaire répond à une logique commerciale bien rodée. Les dossiers montés en décembre ne débloquent leurs fonds qu’après le passage à la nouvelle année, permettant aux banques de constituer un portefeuille d’engagements pour 2026 tout en préservant leurs marges actuelles. Cette mécanique saisonnière explique pourquoi les établissements refusent tout ajustement de dernière minute.
Les professionnels du courtage observent que cette stabilisation ne signifie pas un désengagement du secteur. Au contraire, plusieurs réseaux bancaires ont clairement affiché leur volonté de reconquérir des parts de marché dès janvier. La période creuse de décembre sert de transition avant un probable regain d’agressivité commerciale au premier trimestre. Les emprunteurs aux revenus confortables et à l’apport substantiel constituent la cible prioritaire de cette future offensive.
Emprunter maintenant ou patienter : le dilemme des acquéreurs
La question du timing divise les spécialistes. D’un côté, 2026 s’annonce comme une année charnière avec des incertitudes budgétaires et politiques susceptibles d’influencer les conditions de crédit. De l’autre, l’attentisme de décembre pourrait céder la place à des offres plus compétitives dès le mois prochain, notamment pour séduire les profils les plus solides et amorcer les objectifs commerciaux annuels.
Les emprunteurs disposant d’un dossier robuste ont tout intérêt à engager les discussions dès maintenant. Les banques cherchent à remplir leurs carnets de commandes pour bien débuter leur exercice, créant une fenêtre de négociation favorable. Pour les autres candidats à l’accession, cette période offre l’opportunité de peaufiner leur projet et de surveiller l’évolution des barèmes sans précipitation. La stabilité actuelle contraste avec les années précédentes marquées par une forte volatilité, mais elle ne garantit en rien la direction que prendront les taux dans les mois à venir.
Le marché du crédit immobilier français traverse une phase de consolidation après les turbulences de 2024. Les volumes de production se maintiennent malgré un contexte économique contrasté, et les dernières publications de la Banque de France confirment une normalisation progressive du secteur. Si les taux restent éloignés des niveaux historiquement bas de 2021-2022, ils demeurent accessibles pour une large partie des ménages français. L’année 2026 dira si cette accalmie était un simple intermède ou le début d’une nouvelle ère pour le financement immobilier.
