Le plan épargne logement traverse une période de mutations. Depuis le 1er janvier 2025, le taux de rémunération des nouveaux PEL a été abaissé à 1,75% brut, contre 2,25% l’année précédente. Parallèlement, à partir de mars 2026, des millions de plans ouverts depuis 2011 arriveront à échéance et seront automatiquement clôturés pour être transformés en compte sur livret. Dans ce contexte, le PEL conserve-t-il son attractivité pour les épargnants français ?
Le fonctionnement du plan épargne logement
Le plan épargne logement est un produit d’épargne réglementé créé en 1969 pour faciliter l’accession à la propriété. Son principe repose sur une phase d’épargne qui permet d’acquérir des droits à prêt immobilier à taux préférentiel.
L’ouverture d’un PEL nécessite un versement initial minimum de 225 euros. Vous devez ensuite alimenter votre plan à hauteur de 540 euros minimum par an, avec des versements réguliers (2 minimum par an) et une possibilité de versements libres ou programmés. Cette régularité dans l’épargne constitue l’un des atouts du dispositif pour se constituer progressivement un capital.
Le plafond du PEL est fixé à 61 200 euros, hors intérêts capitalisés. Une fois ce montant atteint, les versements s’arrêtent mais l’épargne continue de produire des intérêts. La durée minimale d’un PEL est de 4 ans, période pendant laquelle les fonds restent bloqués. Après 10 ans, vous ne pouvez plus effectuer de versements, bien que le plan continue de générer des intérêts pendant 5 années supplémentaires.
Le taux de rémunération est fixé à l’ouverture du plan et demeure constant pendant toute sa durée de vie. Cette garantie offre une visibilité appréciable dans un contexte économique fluctuant. Chaque épargnant ne peut détenir qu’un seul PEL actif à la fois, même s’il dispose de comptes dans plusieurs établissements bancaires. Toute personne physique, quel que soit son âge ou sa nationalité, peut ouvrir un plan épargne logement auprès d’une banque ayant signé une convention avec l’État.
Taux et fiscalité du PEL en 2025
Le taux du PEL pour les plans ouverts en 2025 s’établit à 1,75% brut. Après application du prélèvement forfaitaire unique de 30% (comprenant 12,8% d’impôt sur le revenu et 17,2% de prélèvements sociaux), le rendement net atteint 1,225%. Cette baisse de 0,5 point par rapport à 2024 s’inscrit dans le sillage des décisions de la Banque centrale européenne, qui a abaissé ses taux directeurs pour soutenir l’économie.
Les intérêts générés par le PEL sont soumis à la fiscalité dès la première année pour les plans ouverts depuis 2018. Cette imposition immédiate réduit mécaniquement l’attractivité du placement par rapport aux livrets réglementés comme le Livret A, qui bénéficient d’une exonération fiscale totale. Le Livret A affiche actuellement un taux de 1,7% net, avec une baisse prévisionnelle à 1,4 % en février 2026,ce qui reste supérieur au rendement net du PEL.
Cependant, cette comparaison doit être nuancée. Le Livret A plafonne à 22 950 euros, tandis que le plafond du PEL permet de constituer une épargne près de trois fois supérieure. Pour les épargnants disposant déjà d’un Livret A et d’un LDDS remplis, le PEL représente une alternative sécurisée pour placer des montants plus importants.
Les PEL ouverts avant 2018 bénéficient d’un régime fiscal plus favorable, avec une exonération d’impôt sur le revenu pendant les 12 premières années. Seuls les prélèvements sociaux s’appliquent durant cette période. Ces anciens plans conservent donc un avantage fiscal non négligeable, à condition de ne pas les clôturer prématurément.
Le prêt épargne logement et la clôture automatique
L’atout principal du PEL réside dans l’accès à un prêt immobilier à taux préférentiel. Les plans ouverts en 2026 donnent droit à un prêt à 3,20%, un taux compétitif face aux crédits immobiliers classiques qui oscillent autour de 3,5%. Ce prêt peut financer l’achat ou la construction d’une résidence principale, ainsi que certains travaux de rénovation énergétique. Plusieurs raisons justifient l’ouverture d’un PEL même avec un taux à 2% fiscalisé.
Le montant du prêt dépend des intérêts acquis et de la durée du plan. Il peut atteindre jusqu’à 92 000 euros sur une durée de 2 à 15 ans. Pour en bénéficier, vous devez avoir conservé votre PEL pendant au moins 3 ans. Ce dispositif reste particulièrement adapté aux primo-accédants qui préparent un projet immobilier à moyen terme.
Une échéance majeure se profile pour de nombreux épargnants. La loi de finances de 2011 a limité la durée de vie des PEL ouverts après le 1er mars 2011 à 15 ans maximum. À partir de mars 2026, ces plans seront automatiquement clôturés par les banques. Selon la Banque de France, 6,7 millions de comptes représentant 142 milliards d’euros sont concernés sur la période 2026-2030.
Lors de cette clôture automatique, les fonds sont transférés sur un livret d’épargne classique, généralement rémunéré à moins de 1%. Les droits à prêt non utilisés sont définitivement perdus. Il est donc recommandé d’anticiper cette échéance en clôturant volontairement son plan pour réorienter son épargne vers des placements plus adaptés, comme l’assurance-vie, le PEA ou un nouveau PEL.
Malgré la baisse des taux et les clôtures programmées, le plan épargne logement conserve des arguments solides. Le taux garanti à l’ouverture protège contre les fluctuations du marché, et l’accès à un prêt à 3% représente un avantage tangible pour financer un projet immobilier. Pour les épargnants ayant un projet d’achat à horizon 4 à 10 ans, le PEL demeure un outil pertinent de préparation, combinant sécurité du capital et levier de financement.
