Le CAC 40 flanche : LVMH dans la tourmante

La place parisienne affiche une mine sombre ce mercredi matin. Les investisseurs digèrent difficilement les comptes annuels de LVMH, publiés après la clôture de mardi, et le géant du luxe entraîne l’ensemble du marché dans sa chute. Quarante minutes avant l’ouverture, le contrat à terme sur l’indice parisien abandonnait 0,25%. À l’ouverture effective, vers 9h20, le recul s’amplifiait à 0,83%. La veille, la Bourse de Paris avait terminé sur une note positive avec un gain de 0,27% à 8.152,82 points.

Le propriétaire de marques emblématiques comme Louis Vuitton, Dior, Moët & Chandon et Hennessy accuse un plongeon de près de 8% en début de séance. Les chiffres publiés hier soir révèlent un exercice 2025 marqué par un repli significatif. Le bénéfice net s’établit à 10,9 milliards d’euros, soit une diminution de 13% par rapport à l’année précédente. Le chiffre d’affaires suit la même tendance baissière avec un recul de 5% à 80,8 milliards d’euros. La direction du groupe attribue cette contre-performance à un contexte économique et géopolitique particulièrement instable et anticipe que l’année en cours ne s’annonce pas sous de meilleurs auspices.

L’intelligence artificielle au cœur des préoccupations

Au-delà des difficultés du secteur du luxe, les regards se tournent également vers le néerlandais ASML. Ce fabricant d’équipements ultra-sophistiqués pour la production de semi-conducteurs sert de référence pour évaluer la dynamique du marché de l’intelligence artificielle, véritable locomotive des marchés financiers mondiaux actuellement. L’entreprise affiche un bénéfice net annuel de 9,6 milliards d’euros, marquant une progression notable face aux 7,6 milliards d’euros enregistrés l’année précédente.

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Les opérateurs de marché garderont aussi un œil attentif sur les publications des géants américains de la technologie. Microsoft et Meta dévoileront leurs résultats avant l’ouverture de Wall Street et pourraient influencer significativement l’orientation des marchés, selon les analystes. Ces entreprises constituent des indicateurs majeurs de la santé du secteur technologique et de l’appétit des investisseurs pour les valeurs liées à l’intelligence artificielle.

La Fed sous surveillance dans un climat tendu

La réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine, entamée mardi, constitue un autre élément de vigilance pour les investisseurs. Le contexte s’avère particulièrement délicat depuis que Jerome Powell a révélé début janvier qu’une procédure administrative avait été lancée contre lui par le ministère de la Justice. Le président de l’institution monétaire y voit une nouvelle tentative de pression de la part du pouvoir exécutif américain.

La banque centrale rendra sa décision à 19h00 GMT, suivie d’une intervention de Jerome Powell trente minutes plus tard. Le consensus des marchés table sur un statu quo des taux directeurs, maintenus dans leur fourchette actuelle comprise entre 3,50% et 3,75%. Cette stabilité attendue n’empêche pas une certaine nervosité, les investisseurs scrutant chaque mot du communiqué pour déceler d’éventuels signaux sur l’évolution future de la politique monétaire américaine.

Du côté des autres dossiers suivis de près, Pluxee, l’ancienne filiale de Sodexo spécialisée dans les titres-restaurant devenue autonome, bénéficie d’une décision favorable au Brésil. Un tribunal fédéral a suspendu un décret réformant le secteur dans le pays, une nouvelle également positive pour son concurrent Edenred. Cette décision judiciaire offre un répit aux deux acteurs français présents sur ce marché stratégique sud-américain.