Bornes de recharge en copropriété : les nouvelles aides qui changent tout dès avril

Le passage à la voiture électrique se heurte souvent au même mur pour les habitants d’immeubles : l’absence de borne de recharge dans leur parking. À compter du 1er avril 2026, les copropriétés qui souhaitent rattraper leur retard vont pouvoir compter sur un coup de pouce financier nettement plus généreux qu’auparavant. Le programme Advenir, mécanisme de subventions piloté par l’association Avere-France et alimenté par les certificats d’économies d’énergie, relève sensiblement ses plafonds pour les infrastructures de recharge en résidentiel collectif.

Concrètement, le plafond de l’aide destinée à financer le pré-équipement électrique d’un parking (câblage, armoires, raccordement au réseau) grimpe de 8 000 à 12 500 euros hors taxes pour les parkings comptant jusqu’à 100 emplacements. Au-delà de cette taille, chaque place supplémentaire ouvre droit à 125 euros, contre 75 euros jusqu’ici. Pour les copropriétaires qui veulent installer leur propre borne sur une place privative, l’enveloppe individuelle passe de 600 à 1 000 euros, toujours à hauteur de 50 % du coût réel. Ces revalorisations ne concernent toutefois que les projets votés en assemblée générale après le 1er avril.

Les parkings extérieurs, angle mort du déploiement

L’un des axes les plus marquants de cette révision concerne les parkings à ciel ouvert. Ces configurations, plus exposées aux intempéries et soumises à des contraintes techniques accrues en matière de protection du matériel et de câblage, représentent un surcoût que les aides précédentes ne couvraient pas assez. Le bonus spécifique aux parkings extérieurs est ainsi rehaussé de 5 000 à 8 000 euros par immeuble jusqu’à 100 places, avec 80 euros par emplacement supplémentaire. Le programme a mené une consultation avec les professionnels du secteur en 2025 pour objectiver ces surcoûts, et la conclusion est limpide : sans cette surprime, la demande restait anémique sur ce segment. L’objectif affiché est désormais de couvrir environ la moitié du coût total d’un chantier d’équipement, estimé en moyenne à 25 000 euros par immeuble. Une nouvelle aide plafonnée à 3 000 euros est également créée pour financer la mise en place d’un point de livraison électrique dédié, souvent nécessaire pour alimenter des bornes partagées entre résidents.

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85 % des immeubles toujours dépourvus de bornes

Malgré neuf années de fonctionnement, le programme n’a équipé qu’une fraction modeste du parc résidentiel collectif français. Depuis son lancement en 2016, Advenir a financé environ 47 000 points de recharge répartis dans quelque 6 500 immeubles. Le chiffre paraît significatif, mais il reste dérisoire au regard du potentiel : on recense environ 160 000 immeubles disposant d’un parking de plus de 15 places susceptibles d’accueillir des bornes. Selon le dernier baromètre d’Avere-France, 85 % des bâtiments collectifs ne possèdent ni équipement de recharge, ni projet en cours. Or, environ un ménage français sur deux vit en habitat collectif, ce qui fait de ces résidences un verrou majeur pour la généralisation du véhicule électrique.

Pour aider les copropriétés à franchir le pas sans attendre d’avoir réuni la totalité des fonds, un mécanisme de préfinancement existe. Logivolt, filiale de la Caisse des dépôts, avance l’intégralité du coût des travaux d’infrastructure, perçoit directement les subventions Advenir, et ne refacture qu’aux copropriétaires qui décident effectivement de poser une borne. La quote-part individuelle devrait redescendre à environ 1 080 euros en moyenne avec les nouveaux barèmes, un montant qui rend l’investissement bien plus digeste. L’enveloppe globale du programme s’élève à 520 millions d’euros pour financer 250 000 points de recharge d’ici 2027, un objectif ambitieux au vu du rythme actuel.

Ces revalorisations interviennent dans un contexte de marché particulièrement porteur. Sur les deux premiers mois de 2026, les immatriculations de voitures 100 % électriques ont dépassé les 65 000 unités en France, avec une part de marché oscillant entre 26 et 28 % selon les mois. Les ventes ont bondi d’environ 28 % par rapport à la même période l’an dernier, tirées par le leasing social, les obligations de verdissement des flottes d’entreprises et l’arrivée de modèles plus abordables comme la Renault 5 E-Tech ou la Citroën ë-C3. Mais cette accélération rend d’autant plus visible le goulet d’étranglement de la recharge résidentielle. L’essentiel des propriétaires de véhicules électriques privilégie la recharge nocturne à domicile, une solution nettement moins coûteuse qu’un arrêt en station rapide sur autoroute ou qu’un plein de carburant classique. Sans accès à une borne dans leur parking, des millions de Français en copropriété restent de fait exclus de cette option économique. La suppression depuis janvier 2026 du crédit d’impôt de 500 euros qui bénéficiait aux particuliers pour l’installation de bornes renforce encore le rôle central d’Advenir comme principal levier de financement public dans le résidentiel collectif.